Blog | 5 routes dans l’Ouest Américain
Blog | 5 routes dans l’Ouest Américain
Non, les routes aux USA ne sont pas toutes absolument rectilignes. Enfin, presque pas toutes.
Sans avoir la prétention d’être exhaustifs, en Belgique on peut presque dire qu’on les connait toutes. En revanche, sur 12 jours à 10.000km de son terrain de jeu habituel, chaque mètre est une découverte. Cet article n’a pas pour but de vous imposer les routes sur lesquelles il faut rouler, mais simplement de vous donner des idées sur base de notre expérience outre-Atlantique. Fans de vitesse, passez à l’article suivant. Ici on s’amuse à mettre le régulateur à la vitesse maximale et à essayer de tout passer sans toucher aucune pédale. Autre continent, autre concept.

Skyline Boulevard — Bay Area, CA
Il y a plusieurs façons de quitter San Francisco (ou d’y rentrer) vers le sud : la Highway 101 et ses 458.936 bandes de circulation embouteillées, la 280 qui ondule un peu plus au pied des collines, ou le sommet des dites collines : le Skyline Boulevard. C’est dans nos gênes, même en vacances on fuit l’autoroute dès qu’on peut !
C’est un peu la Route des Crêtes des habitants de la baie de San Francisco : le même genre de relief et de virages, avec un peu moins de trafic touristique que dans les Vosges (si si, les touristes restent en ville ou sur les autoroutes) et pas mal de cyclistes aussi. Sauf qu’ici on a droit à des vues magnifiques à droite sur l’Océan Pacifique, et à gauche sur la baie de San Francisco dont l’agitation semble lointaine et proche à la fois. À coupler avec la Hwy 9 pour descendre vers Santa Cruz. Ou alors vous avez le temps de rester jouer dans les collines entre Bear Creek et Big Basin. On n’a malheureusement pas pu tout tester, mais ça a l’air prometteur.
Tip : si vous démarrez votre voyage de San Francisco, jouez la carte jet-lag et démarrez tôt pour profiter des routes désertes et du lever de soleil.



Mulholland Highway — Malibu, CA
Ok, celle-ci il FALLAIT que j’y roule ! D’après des milliers d’articles et de vidéos Youtube, il s’agirait du haut-lieu de la conduite près de Los Angeles. Ce qui est vite confirmé par les belles mécaniques que l’on croise. Parfois à des allures peu légales, et attention car la police y passe souvent. Elle est surtout célèbre pour l’enchainement d’épingles nommé “The Snake”, mais celui-ci est fermé pour des travaux depuis les grands incendies de 2018. Tout comme le début de la route, censé partir de Sequit Point sur la côte. Quoi qu’il en soit, démarrer par Beker Road n’a rien d’une punition. C’est abrupte, étroit et ça tourne dans tous les sens avec des vues magnifiques. C’est seulement bien plus haut qu’on retrouve Mulholland, avant de la perdre à nouveau lors des travaux du Snake. Entre-temps, ça ondule aussi bien sur l’axe horizontal que l’axe vertical entre des propriétés certainement hors de prix. Et lorsque Mulholland se fait trop rectiligne, on repart de plus belle vers la côte par Stunt Road.
Tip : arrêtez-vous, profitez des vues. Il y en a pour tous les goûts, dans toutes les directions.
Warning : Un an après le très destructeur Woolsey Fire, les routes sont toujours bordées de carcasses de voitures calcinées, de restes de maisons, d’arbres transformés en charbon de bois. L’ambiance est parfois lourde.




Artists Drive — Death Valley National Park, CA
Certainement la série de virages la plus courte et la plus lente de cette série. La moins accessible également. Logée au coeur de la Death Valley (35$ l’entrée), il vous faudra braver les loooongues lignes droites, les hordes de touristes et des températures indécentes en plein été. Cette escapade de 15km entre les rochers, à une vitesse moyenne de 30km/h est à envisager comme interlude entre les lignes droites de la Death Valley. À ce titre, une montée à Dante’s View ne fait de mal à personne.
Tip : prenez de l’eau. Beaucoup d’eau ! Et même en octobre quand il fait seulement 25°C.




Dixie National Forest — Utah
Alors là ! Certainement l’image que l’on a tous en tête quand on pense à la campagne américaine : des grandes plaines vides, des arbres à perte de vues et pas (ou presque) de traces de civilisation. Aussi bien sur la route qu’à côté. En fait on a croisé beaucoup plus d’animaux sauvages que d’humains. On a bien failli ramener une biche sur le capot de la Mustang, mais on a tous les deux fait preuve de réflexes. Et le long du lac de Panguitch, ce sont des centaines de moustiques qui s’écrasaient sur le pare-brise en faisant le même bruit qu’une grosse drache bien belge.
La combinaison des routes 14, 148 et 143 est un vrai régal de virages larges pour le conducteur, et de vues incroyables pour les yeux de tous les passagers. Une pause s’impose en haut de Cedar Breaks, mais attention au vent froid. Et attention aussi à ne pas dépasser les limitations de vitesse, car à plusieurs reprises on a croisé des espèces de grands pylônes montés sur des remorques un peu à la façon de ces éclairages sur groupe électrogène. Sauf que visiblement leur fonction n’était pas d’éclairer, mais bien de filmer. A l’heure actuelle, toujours pas de PV reçu, mais la phrase risque peut-être d’être modifiée.
Tip : à rouler au début de l’automne, en fin de journée pour profiter de la lumière rasante et chaude qui se reflète dans les bouleaux aux feuilles déjà toutes jaunes. Mais avec un pull !



Tioga pass — Yosemite National Park, CA
Ah ! Le Yosemite, parc national tant adoré des touristes en tous genres. Oui, les vues sont belles quand il n’y a pas un incendie dont la fumée bloque quasi tout. C’est aussi la route de montagne avec la plus haute densité de Mustang/km au monde. Malheureusement, il n’y a pas que des Mustang, et les motorhomes et autres touristes lents sont légions. On ne profite donc pas du Tioga Pass comme d’un col dans les Alpes. Coude à la portière, on ronge son frein et on envisage de s’arrêter pour une randonnée. Et vous auriez tort de ne pas le faire étant donné que vous avez payé 35$ pour rentrer. Les vues sur la partie haute du col sont tout simplement magnifiques. Plus bas c’est la forêt, mais c’est aussi moins chargé en trafic et donc plus amusant en terme de conduite.
Tip : à éviter en milieu de saison touristique car noir de monde. Bien vérifier l’ouverture de la route en cas de chutes de neige. Oui, même fin septembre.


BONUS : Golden Chain Highway (Hwy 49) — Yosemite, CA
Vous vous rendez au Yosemite ? Pensez à faire un détour par la Hwy 49 entre Mariposa et l’entrée ouest du parc à Big Oak Flat. Ici, pas besoin de payer pour rouler. Et quand on y est passé, c’était désert. Et plein de fumée d’un incendie tout proche aussi. Les deux ont certainement un lien, mais en tout cas on a pu profiter à fond de cette route. Point positif pour le Briceburg Fire donc. Sans ça, elle reste une des rares routes où il ne faut pas enfreindre la limitation de vitesse pour s’amuser dans les enchainements serrés et les changements d’altitude répétés. Un ruban de bonheur quasi désert et fraichement re-surfacé, entre des paysages carbonisés par les incendies précédents. La seconde partie entre Coulterville et l’entrée du Yosemite est parsemée d’habitations, mais toujours très sauvage et globalement déserte.
Tip : à rouler quand ça brûle dans le coin et que les touristes fuient la suie. Mais pas en cabriolet du coup …


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