Reportage | La Trèves hivernale

Reportage | La Trèves hivernale
Quelle période frustrante que l’hiver, quand les mauvaises conditions climatiques empêchent de profiter de nos belles mécaniques. Mais si vous n’en pouvez plus d’attendre la fin de la trêve hivernale, en voici notre version.


Elle démarre devant la Basilique de Constantin à … Trèves ! Quelques feux rouges et un rond point plus loin, nous prenons déjà de l’altitude entre les vignes et les maisons le long de la L143. Un début tout en douceur, avant de bifurquer à gauche sur la K57, et d’avoir la sensation de plonger véritablement dans la première descente du parcours. Mais, au vu de relief de la région, certainement pas la dernière !

C’est après le village de Thomm que tout s’accélère. Nous voici embarqués sur la K82 en direction de Fell. Une descente mieux connue dans le sens inverse sous le nom de “Trierer Bergrennen”. Il s’agit bien d’une course de côte, dont les 3,7km de lacets ont également été empruntés lors de précédentes éditions du rallye WRC. Que du bonheur ! Faites toute fois attention à la dernière épingle, la Steinbruchkehre, plutôt serrée.



Après être descendu jusqu’à Fell, il est temps de reprendre de la hauteur en direction de l’autoroute 1, qu’on ne fait que traverser, bien entendu ! Nous en sommes déjà à 27km parcourus, mais en termes culinaires, nous n’en serions qu’à l’entrée. Descente le long de la Dhron pendant 13km, avant de la quitter et de monter vers Horath et d’enchainer avec Merscheid. Pas le temps de s’arrêter dans la neige, il faut encore rejoindre la Moselle à Mulheim.
Si après Merscheid les routes se font plus rectilignes pendant quelques kilomètres, la descente juste avant Veldenz se corse. En pleine forêt, vous laisserez à votre gauche une aubette de bus qui semble sortie de nulle part, avant de plonger dans une valse musclée où les épingles se resserrent progressivement. Un peu de répit dans le village, entre maisons en colombage ou en crépis multicolore. On termine de descendre jusqu’à la Moselle pour la longer pendant quelques kilomètres. Avant qu’un château, sorti de nulle part, n’émerge du blizzard qui s’intensifie.



Là-haut, sur la colline, le Burgruine Landshut domine la vallée. On pourrait simplement prendre le tunnel et passer en dessous. Pourtant, si vous ne souffrez pas du vertige ou que votre voiture n’est pas particulièrement à son aise dans des routes étroites, on vous recommande chaudement de prendre la prochaine à droite après le feu rouge du tunnel et de grimper admirer la vue. Attention, le premier virage est étroit !
Une fois le détour terminé, on retrouve la E42. Rassurez-vous, elle n’a rien de la forme qu’on lui connait en Wallonie. Point de double bandes, point de berne centrale, et encore moins de trous. Ici, la E42 est une route comme on les aime, virevoltant à flanc de colline pour reprendre de l’altitude. Petit à petit les feuillus laissent place aux conifères, preuve qu’on prend de l’altitude. Ce que ne manque pas de confirmer une première épingle qui donne l’eau à la bouche. Ensuite, à l’approche de Longkamp, ce sont deux séries d’épingles qui se superposent sur des murs de pierres. Le summum ? On est toujours sur la E42. Digne d’un col des Alpes !



On se calme un peu dans la descente vers Traben-Trarbach qui est fort fréquentée. De retour à la Moselle, nous traversons Traben sur la rive sud, avant d’enjamber le fleuve par un pont plutôt typique de la région. Sur la rive nord, c’est Trarbach qui nous accueille le temps de mettre le cap sur Mont-Royal. Non, nous ne sommes pas arrivés au Québec en un temps record, mais il semblerait qu’une petit influence nord-américaine soit à constater dans la nomenclature des lieux.
À peine passé Mont-Royal et son aéroport, la neige redouble d’intensité. Sur les petites routes qui nous mènent à Bengel, nous sommes les premiers à poser nos pneus dans la — déjà un peu épaisse — couche blanche. Pour les photos c’est génial, pour la conduite ça l’est tout autant une fois que l’on se rend compte des qualités des Dunlop qui chaussent la 420i. Le grip est impressionnant en latéral comme au freinage. Et la traction permet d’envisager la route encore plus petite qui nous mène à travers bois vers Bonsbeuren. Forcément, les épingles de la côte qui se présente à nous sont avalées en travers. Mais nous sommes arrivés en haut, pas comme certains autres automobilistes restés arrêtés en bas. C’est ça aussi l’expérience de la trêve hivernale : des conditions plus stressantes, mais qui forgent des souvenirs impérissables.



Le temps d’arriver à Bad Bertrich, la couche de neige atteint une petite dizaine de centimètres par endroits. Même la grand route que nous devons emprunter avant de remonter vers Beuren est repeinte en blanc. Ce qui n’est pas pour nous déplaire lorsqu’on est au volant d’une propulsion parfaitement équipée et bien équilibrée. Sur les derniers kilomètres dans un paysage tout blanc, on a plusieurs fois l’occasion de se demander où se trouve la civilisation. Sans doute tout en bas, à Bremm.
La dernière descente du tracé fait office de dessert relevé. Des épingles les unes sur les autres, avec un dénivelé impressionnant et sans doute de lourdes conséquences pour celui qui est un peu trop optimiste sur la neige. On s’en gardera bien. Une fois à Bremm, le tracé suit le cours de la Moselle sur quelques petits kilomètres pour rejoindre Senheim, son port de plaisance et sa côte en lacets. Autrement dit, le point de départ des “Côtes de Port”



Infos pratiques : 147km (+30km)| +- 3h de route (+40min)
Merci à BMW Belux pour la confiance accordée lors du prêt de la 420i Cabriolet. Même en décembre, les cabriolets distillent un plaisir hors norme.
Leave a Reply