Ford Fiesta 2018 | Nouvelle reine

Ford Fiesta 2018 | Nouvelle reine
Elle a certes pris du poids, perdu un cylindre et 99cc. Pourtant, pas un cheval n’a été égratigné dans l’opération qui préserve le caractère sur lequel la Fiesta ST a forgé sa réputation.
Plus d’un an après sa présentation au salon de Genève, on peut dire qu’on l’a attendu longtemps cette nouvelle Fiesta ST. Aujourd’hui l’heure est à la fête puisque nous avons déjà pu en prendre le volant. Pour être honnête, nous en sommes déjà à notre second “date” avec la bombinette. Une première fois à l’abri des regards et sous embargo sur les pistes du centre d’essai de Lommel, et maintenant une seconde fois dans la campagne namuroise. Des routes sur lesquelles elle va passer le plus clair de son temps. Ça valait bien un article non ?

À peine à bord, l’instinct veut qu’on presse directement sur le sélecteur de mode de conduite (une nouveauté). Laissons la désactivation du cylindre (forcément, il faut bien en garder deux) pour une autre rencontre, c’est en mode Sport qu’elle se savoure. On pourrait l’utiliser comme une Fiesta normale. Mais son nouveau 3 cylindre 1,5l de 200ch ne demande qu’à être mené à la cravache entre 4.000 et 6.000 tr. Une catastrophe la perte du 4ème cylindre ? Pas le moins du monde ! D’autant plus que la partition jouée à l’échappement sonne juste. Comprenez par-là : très travaillée, mais pas lassante. Et bien typique des trois cylindres. On adore !
Bien calés dans les baquets Recaro, on peut avaler les kilomètres sans broncher. De préférence remplis de courbes, car c’est là que la Fiesta ST et son châssis d’enfer font la différence : c’est fun, bien plus fun qu’une Polo GTI! Le train arrière baladeur mais prévenant y est pour beaucoup. Et le train avant a plus d’un tour dans son sac avec en option un différentiel à glissement limité mécanique, un must. Mais surtout, la différence avec la concurrente de Wolfsburg tient dans la main. Oui, le pommeau de la boîte manuelle ! Elle est bien guidée et le petit levier se manie avec plaisir, tout comme les trois pédales lorsqu’il faut exécuter un talon-pointe. C’est un parti pris, mais le plus rapide n’est pas toujours le plus amusant.


Quoi ? Il reste encore à la passer en mode Track et à désactiver l’ESP ? Sans vouloir jouer les rabat-joies, mieux vaut ne pas le faire sur route ouverte. La Piste 7 de Lommel (feintant la route parfaite) et ses larges dégagements sont beaucoup plus appropriés. Lever de pied en entrée de courbe, et hop le train arrière essaye de passer devant. Contre-braquage, gaz à fond pour sortir, et on est reparti jusqu’au virage suivant. Rétrogradage en seconde pour l’épingle, talon-pointe et déflagrations à l’échappement. Pas besoin de s’appeler Sébastien Ogier pour cerner le comportement de la voiture. Et grâce à l’autobloquant, les réactions sont très prévisibles.
C’est fun, c’est vivant tout en restant accessible et utilisable au quotidien. C’est une Fiesta ST. Un défaut peut-être ? Tellement amusante qu’elle en devient pousse-au-crime. Reste plus qu’à se trouver un moyen d’échapper à la maréchaussée.

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