Blog | La Corse en voiture électrique, c’est faisable ?

Blog | La Corse en voiture électrique, c’est faisable ?

C’est en tout cas la question qui nous est venue à l’esprit en ¼ de seconde lorsqu’au guichet on nous annonce que la voiture de location…

Vacances en Corse voiture électrique

Blog | La Corse en voiture électrique, c’est faisable ?

C’est en tout cas la question qui nous est venue à l’esprit en ¼ de seconde lorsqu’au guichet on nous annonce que la voiture de location sera électrique.

En sortant de l’aéroport d’Ajaccio, on traverse le parking pour se rendre aux guichets des entreprises de location de voiture. Fans de voiture, évidemment on regarde les parkings qui nous entourent pour essayer de repérer ce qu’on pourrait avoir comme voiture pour la semaine. Quelques hybrides et électriques nous intriguent déjà.

« Alors … Voici ! Votre voiture sera une Zoé électrique, avec 380 km d’autonomie ! »

Première réaction, la surprise ! En faisant la réservation en ligne (chez Hertz), on parlait bien d’une citadine, boite manuelle, consommant 5,9l/100km. Il y a donc quelqu’un qui nous a fait une surprise. Il n’y a pas d’alternative thermique ? « Non monsieur, toutes nos voitures sur le segment A et B sont des électriques depuis 3 ans. » Ah bon, votre site ne dit pas la même chose.
Deuxième réaction, le stress. Oui, un peu quand même. On loge toute la semaine dans un gite au milieu des montagnes, à 30 minutes de l’aéroport et on voudrait explorer le pays, pas seulement le bord de mer. Est-ce qu’il y a des bornes ? On achète la carte de recharges illimitées pour 45 €, et on nous donne un flyer indiquant où se trouvent les 120 bornes de l’île.
Troisième réaction, l’excitation. Loin d’être novices de la voiture électrique, on décide de relever le challenge. « C’est la toute dernière génération de Zoé ? » « Oui ». Alors là, ça commence à nous intéresser ! Il parait qu’elle est au top (pour la ville) et on ne l’a encore jamais essayée.

631m d’altitude : La bête a rejoint le gîte avec succès, mais accuse tout de même une belle tranche d’autonomie envolée.

Recharger en Corse ?

Déjà, il faut commencer par trouver les bornes de recharge qu’on peut utiliser avec la carte e-motum achetée au guichet Hertz. Il y a bien le flyer donné au guichet, mais ce n’est pas précis. Premier réflexe : aller voir sur le site pour zoomer sur la carte et localiser précisément les points de recharges qui pourront nous être utiles. Et là … surprise ! On retrouve la même image de la carte que sur le flyer. Pas moyen de zoomer dedans. Il faut fouiller une liste de noms de localités parfois même pas mentionnés sur la dite carte. Vraiment pas fameux du tout, alors qu’en 2022 il y a plein d’outils possibles pour en faire une belle présentation utilisable par les conducteurs. Par exemple : une carte Google MyMaps. Un outil qu’on maitrise « un peu ».

Le bête flyer à gauche, et notre carte MyMaps à droite. Heureusement que la terrasse était à l’ombre le matin, et qu’on avait un tout petit peu d’internet très lent.

Alors arrivés au gîte, on sort le PC et à l’aide de ChargeMap (valeur sûre !), on place sur notre carte perso les chargeurs e-motum qu’on pourrait utiliser pour les activités prévues pendant le séjour. À priori c’est assez bien réparti, il y a des bornes 50kW aussi bien au littoral que dans les terres (et montagnes donc) et le long des grands axes routiers de l’île. Il sera facile d’ajouter des petites pauses recharges si besoin pendant nos longs trajets.

Malgré les débits de 50kW maximum sur la plupart des bornes rapides, les pause recharge sont courtes. Ici juste 16 minutes pour ajouter ce qu’il nous fallait d’électrons dans le plancher.

Attention, ne vous attendez pas à passer au-dessus des 50kW de puissance (peu utile pour les « petites » batteries des citadines de location). Pas idéal pour les grandes voitures électriques et leurs batteries de capacité conséquentes.

Et ne vous attendez pas non-plus à trouver 10 bornes l’unes à côté de l’autre. Ici vous aurez 2 connecteurs CCS. Sauf dans les 4 « hub » de l’île (principalement les aéroports, lieu de départ des voitures de location, et à chaque fois réservés aux clients Hertz).

Et puis enfin, lisez dans l’application ChargeMap les descriptions et commentaires des bornes que vous comptez utiliser. Certaines réservent quelques subtilités d’accès. Heureusement, l’application les détaille toujours parfaitement.

Acheter la carte de recharge illimitées e-motum ?

Si vous vous demandez à partir de quand l’achat du pass de recharge est intéressant, il faut tenir en compte le tarif de 0,55 € / kWh sur les bornes rapides au moment de notre visite (Septembre 2022). En 82 kWh de rechargé, les 45 € (pour 8 à 10j) étaient rentabilisés. Soit moins de deux recharges complètes. En plus de cela, vous ne devrez pas rendre la voiture complètement chargée.

Bref, si vous comptez rouler un peu, ça sera un top investissement ! Dans notre cas, en 1.100 km roulés et 144 kWh consommés en 8 jours, on en a bien profité.

Aéroport d’Ajaccio : le “hub” se trouve dans le parking du garage Hertz, et l’accès n’est pas clair. Heureusement, ChargeMap est là !
Le “hub” de Porto-Vecchio, sur un parking de centre commercial, est le plus grand de l’île. Et semble uniquement fréquenté par des touristes en voitures de location.

Et en montagne, on ne consomme pas trop ?

Alors là, c’est la dernière question qu’il nous reste à élucider. Et on ne va pas tarder à y répondre, en montant jusqu’à notre gîte de la semaine. Une ascension de 20km pour passer du niveau de la mer aux 630m d’altitude de notre destination. Évidemment, pas de ligne droite. Rien que des beaux virages !

Dans la grimpette, ce sont pas moins de 15% de batterie qui ont pris la poudre d’escampette. À ce train-là, la Zoé ne pourrait rouler que 133km. Heureusement, tout rentre dans l’ordre en faisant le même trajet en descente : même pas 1% de consommé, mais bien 2% de récupérés ! Et on ne peut pas dire qu’on se traine. Il y aurait sans doute moyen de consommer moins dans la montée, mais pour nous chez Drivetime, les virages de la Corse sont tellement importants qu’on ne va pas s’en priver.

Au final, « notre » Zoé aura eu une consommation moyenne de 13,2 kWh / 100 km sur tout le séjour. C’est-à-dire qu’avec sa batterie de 52 kWh, une charge complète durerait 394 km. Soit un chiffre extrêmement proche des données WLTP du constructeur : 395 km en cycle mixte.

Départ en bord de mer à Ajaccio avec 78% et 315km d’autonomie affichés.
Arrivée au gîte, 24 km plus loin (et 631m plus haut) avec 12% et 92 km évaporés. Oups.
1050m d’altitude, entre le col de la Tana et celui de Saint-Eustache. Le point le plus haut visité avec la Zoé. Sans même se soucier de la charge.

Conduire électrique en Corse

Souplesse
Forcément, quand les routes sont excellentes on s’amuse au volant de tout engin. Mais au volant d’une voiture électrique, le côté très cassant des routes corses est lissé par la douceur propre à cette motorisation. On passe en mode « B » pour une récupération d’énergie maximale, et on conduit tout d’une seule pédale. Jamais aucun à-coup dû à la boite de vitesse et toujours de la puissance sous la pédale.

Fun
Alors, on s’amuse à tailler la trajectoire idéale pour relier tous les virages. Le tout en tâchant de gérer la récupération d’énergie en souplesse pour qu’il n’y ait pas d’à-coups et qu’on n’ait pas à utiliser la pédale de freins. Un coup d’œil sur le GPS pour juger de l’angle du virage et de la vitesse à laquelle il va passer. En fonction de ça, on soulage l’accélérateur tôt ou pas. Si les calculs sont bons, normalement la ‘regen’ aura régulé la vitesse. Une fois entré dans le virage il faut reprendre les « gaz » avant la corde pour soulager les roues avant de la ‘regen’ alors que les pneus crient déjà pour signifier que leur limite est proche. Et on termine par écraser la pédale pour que les roues avant tirent vers la corde suivante, qui n’est que quelques mètres plus loin. Et on répète ça à longueur de journée, avec des vitesses moyennes qui peinent à dépasser les 40 km/h. Pourtant on se donne du mal pour la faire monter ! Et oui, même l’électrique ça peut être fun.

Oui, on a parlé de fun, de Renault Zoé et de voiture électrique dans le même paragraphe.

Faible vitesse moyenne
C’est justement ce dernier point qui rend l’utilisation d’une voiture électrique en Corse tout à fait intéressante : les faibles vitesses moyennes. On élimine un des points faibles des voitures électriques, qu’est la consommation à haute vitesse. Ici il y extrêmement peu de sections qui permettent de dépasser les 80km/h règlementaires, et encore moins d’autoroutes.

Un des seuls bouts droits qu’on a croisé, et qui a contribué à augmenter la vitesse moyenne.

Recharge en descente
Avec le relief, on ajoute beaucoup d’opportunités de régénérer de l’électricité et de recharger la batterie. Si les voitures thermiques consomment aussi plus en montée, elles ne remplissent en revanche pas leur réservoir en descendant.

Air-co
Ah ! Oui ça, ça peut pomper plus sur la batterie. En septembre, la météo ne nous obligeait pas à forcer sur la clim. Voire même à seulement se contenter de la simple ventilation sans avoir l’air con. Ce qui explique en partie les excellents chiffres de consommation relevés.

Verdict : faisable ! Et même, à recommander.


Et les routes en Corse ?

Dans les grandes lignes, ce n’est que du bonheur! À la base, c’était un voyage pour des vacances et il ne devait pas en ressortir un article. Et puis au guichet des voitures de location tout a basculé pour le meilleur. Mais pas question de tester toutes les routes de l’île, ni de passer des heures à faire un reportage sur une portion de 15 km.

Donc voici les 3trois routes qui nous ont le plus tapé dans l’oeil :

– D368 & D420, de Porto-Vecchio à Bicchisano

Des vues incroyables compilant plusieurs parcs nationaux américains avec des paysages de montagnes européennes, cette sensation d’être perdu au milieu de nulle part, pas une seule ligne droite et un revêtement large et parfaitement lisse. Pour faire simple : du pur bonheur à tous les niveaux, à s’enfiler pendant 1h30 sans interruption.

Deux images du Col de la Tana, mais la route à tellement plus de variétés à vous faire découvrir en 70km. Allez-y, foncez !

– T40, de Sartène à Roccapina

Plus fréquentée, mais offrant des vues imprenables sur la côte. Y passer tôt le matin vous permettra d’y profiter d’une lumière incroyable mettant en exergue le relief que suit le ruban d’asphalte tout frais.

Même quand le vent souffle à 120 km/h, la route reste parfaitement plaisante. Il faut juste faire attention à ne pas s’envoler en sortant profiter des points de vue.

– Les calanques de Piana, de Cargèse à Porto

Complètement dans un autre registre. Ici on vient pour les vues, l’ambiance et cette route parfois complètement folle qui semble souvent n’être rien de plus qu’un chemin de chèvres à peine accroché aux roches rouges des calanques. Et pourtant… on doit y croiser pas mal de traffic au vu de la beauté du site. Très certainement à éviter durant la haute saison touristique.

Fréquentée, oui. Mais bien fréquentée !

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