Reportage | Faire le Murs

Reportage | Faire le Murs

On a tous connu étant jeune le principe de faire le mur : s’échapper en douce sans que personne ne s’en aperçoive pour faire ce que bon…

Reportage | Faire le Murs

On a tous connu étant jeune le principe de faire le mur : s’échapper en douce sans que personne ne s’en aperçoive pour faire ce que bon nous semble. Drivetime vous propose la version vacances en Provence, et vous emmène discrètement à Murs par les petites routes qui font plaisir.

On commence dans la vallée de la Durance, à Lourmarin que l’on quitte par la D943. Attention au casse-vitesse en sortie de village, il y a des lames avant qui y ont laissé des dents. Direction le Nord pour les premiers virages dans la vallée très encaissée. Si la route ne prend pas encore beaucoup d’altitude, les virages s’enchaînent et nous laissent découvrir d’autres crêtes rocheuses loin au dessus nos têtes. Attention au trafic sur cet axe assez fréquenté, vous pourriez croiser un bus. Tâchez de rester discret, vous faites le mur avec nous.

Au détour d’un virage à droite sur un petit pont de pierre, on se retrouve face à un mur de roche. Pas le temps d’admirer ! On enchaine un coup à gauche, une épingle à droite et puis encore un coup de volant à gauche avant de bifurquer sur le D36 en direction de Bonnieux. Là on a pris de le hauteur ! La route est maintenant bordée d’oliviers et les rayons du soleil de fin de journée se rapprochent à mesure que l’on monte. Le village tarde à se dévoiler, mais ce n’est que pour un plus bel effet. Accrochés sur le rocher, les maisons doivent offrir une vue spectaculaires sur les plaines du Lubéron. Si l’envie vous en dit, n’hésitez pas à vous arrêter pour profiter de la vue. La descente dans la vallée se fait plus en douceur, entre les vignes en direction d’Apt par la D3. La pente moins forte permet de profiter pleinement de la vue sur le Mont Ventoux avant de tomber dans le fond de la vallée, de contourner Apt et de retrouver la D943 pour continuer la progression en direction du Nord vers Saint-Saturnin-lès-Apt où les choses sérieuses reprennent.

Attention, 3km de bonheur à suivre
Au loin, le Ventoux.

Par rapport aux 210m d’altitude à Apt, nous en avons déjà repris 165m de plus dans le centre de Saint-Saturnin. Et on va seulement commencer à attaquer le massif des Monts de Vaucluse ! La D943 grimpe en diagonale et offre, entre les pif-paf bien rythmés, de magnifiques vues sur la vallée que l’on vient d’admirer dans l’autre sens depuis Bonnieux. Tout à coup, un grand virage à droite ouvre une nouvelle dimension : la montagne ! Un précipice à gauche, une grande paroi rocheuse au dessus et devant nous et, au loin, la route qui grimpe encore plus haut. L’espace de 4 virages on est de retour dans une plaine, avant de repartir de plus belle dans l’ascension et de nous trouver à nouveau coincés entre d’immenses blocs de pierres et un précipice bien profond. Le petit parking nous permet de prendre le temps d’admirer la vue vers le sud et les virages que l’on vient de s’enfiler. Ils ont l’air encore plus beaux depuis qu’on a pris de la hauteur ! Les autres voitures et motos croisées indiquent d’ailleurs que nous ne sommes pas les seuls à les trouver jolis.

Et voici la montagne.

La montagne continue, quand on s’enfonce dans une forêt dense avec la D140. Cette fois elle est de hêtres et de résineux. Une ambiance moins proche des clichés de la Provence entre vignes, olives et lavandes. L’impression de s’enfoncer dans une forêt nord-américaine se renforce encore face à la longue ligne droite à l’ombre des grands pins. Ici le ruban d’asphalte est étroit, et l’ambiance n’est pas vraiment à l’attaque pure et dure alors on profite de l’impression d’être seuls au monde. Enfin, à un moment, ce petit ruban d’asphalte finit de grimper pour s’incliner de suite vers la descente dans une forêt beaucoup plus clairsemée qui donne un peu une ambiance de fin du monde. Le Mont Ventoux est encore là, droit devant. La courte portion de descente comporte quelques ondulations du bitume à prendre à basse vitesse. Mais ce ne sont que quelques centaines de mètres avant de retrouver la D15 et puis directement la D5 en descente vers Methamis.

La forêt nord-américaine, et toujours le Ventoux.

D’abord douce et entre les vignes, la route ne tarde pas à emprunter des reliefs plus vertigineux creusés par la Nesque et ses affluents. Oui, nous sommes passés juste à côté de la très photogénique D942 qui traverse la roche à plusieurs reprise. C’est « juste » de l’autre côté, mais le détour est long ! Et puis, c’est beaucoup plus touristique, avec tous les risques de suivre des camping-cars que cela comporte. Revenons-en à notre itinéraire moins connu, et concentrons-nous car seuls quelques petits buissons taillés en cubes font office de garde-corps alors que le précipice a l’air plus profond encore que les précédents. L’arrivée à Methamis permet aux conducteurs en proie au vertige (comme moi) de se relaxer quelque peu. Les routes jusque Malemort-du-Comtat et Venasque sont plus fréquentée par les locaux, et il n’est pas rare, encore en 2025, d’y suivre des Citroën C15, Peugeot Partner ou Renault Kangoo bien patinés. Pas de doute, nous sommes biens dans la France profonde !

Au pied de Venasque, la grimpette reprend de plus belle par quelques virages larges et rapides. Attention toujours aux passages de ponts souvent plus étroits. Pour plus de variété de paysages, on prendra à droite sur la D177 afin de grimper de nouveau au milieu des roches. La route est plus étroite, mais deux voitures savent se croiser. Heureusement, car les locaux qui descendent ne semblent pas ralentir de trop. La vue vaut bien quelques éventuelles gouttes de sueur, surtout que la route devient rapidement plus large et plus fluide. Surtout la portion de D244, véritable toboggan entre les hêtres parfaitement espacés pour laisser passer les rayons du soleil de la fin de journée. Un plaisir pour terminer notre escapade vers Murs et ses murs de pierres.

Infos pratiques : 85km | +/- 2h de route.

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