BLOG | La TR3 et ses surprises

BLOG | La TR3 et ses surprises

Vivre avec une voiture de 58 ans n’est pas sans surprises. Du plaisir de conduire aux parties de mécaniques, en passant par la panne sèche.
Vivre avec une voiture de 58 ans n’est pas sans surprises. Du plaisir de conduire aux parties de mécaniques, en passant par la panne sèche. Cette Triumph TR3 nous aura laissé bien des souvenirs.

Pour rouler en ancienne, il ne faut pas avoir peur d’ouvrir le capot. Pas de rouler le capot ouvert, ne nous faites pas dire ce qu’on n’a pas dit.

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Vivre avec une voiture de 58 ans n’est pas sans surprises. Surtout quand on n’en a soi-mêmes que 22. Tout passionné d’automobile qu’on soit, nous accusons toujours un manque d’expérience face à nos ainés.

L’expérience d’une époque où on ne sortait pas le matin par des températures négatives, sautant dans la voiture qui a passé la nuit dehors et la démarrant au quart de tour. Tout ça sans même sortir la clé de sa poche. Le monde est simple aujourd’hui. Mais pour ce qui est du plaisir de conduire, les ancêtres surpassent les productions actuelles trop souvent aseptisées. Alors, pour la première de Drivetime.be, notre choix s’est porté sur une Triumph TR3 de 1959. Un choix que l’on payera dans la simplicité d’utilisation.

La voiture de l’ami David Servé n’a plus roulé depuis près de deux ans. Assez ironiquement, c’est même moi qui suis le dernier à avoir roulé avec la petite verte aux yeux globuleux. Un petit coup d’éponge ne lui fait pas de mal. Baguettes de chrome, louvres de ventilation, joints fragiles, rivets etc… Laver la TR3 s’avère déjà être un rien plus complexe que de s’occuper de nos déplaçoirs actuels.

Mécaniquement, tout est en ordre, elle est sortie de son hibernation au deuxième coup de starter. Appoint d’huile, pression des pneus et me voilà déjà sur la route. Enfin, façon de parler, puisque j’ai passé une après-midi entière à la laver. Un peu du genre maniaque je vous l’accorde, tout y est passé : arrières des feux longues portées, moquettes, sièges et même harnais.



Au démarrage, la jauge de carburant affiche plus de ¾ du plein. Par sécurité, avant de partir, j’avais demandé à David à quoi celui correspondait en terme d’autonomie. « C’est pas précis » m’avait-il répondu du tac-au-tac. Sensé contenir 100l, si la jauge indique ¾ du plein, on est large. Du moins c’est ce que je pense encore. 40km plus loin, j’approche de la moitié. Soit la globuleuse boit comme un étudiant en guindaille, soit David parle par euphémismes. Mais tout de même, il me restera encore assez d’essence pour rejoindre la première aire d’autoroute demain matin.

Retour en arrière de quelques années. Il a même fallu attendre le pompiste pour faire le plein…

Et bien non ! Le lendemain, départ à l’aube. Emmitouflés dans nos vestes, il nous manque des gants pour contrer le froid venu du vent sur l’autoroute. Bientôt, il nous manque aussi de l’essence pour rejoindre la première pompe sur notre route. L’aiguille de la jauge indique encore un quart du plein quand le moteur fait entendre des ratés. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, nous voilà donc arrêtés sur la bande d’arrêt d’urgence de la E411 après moins de 20 minutes de trajet. Ironie du sort, devant nous se trouve le panneau annonçant la pompe à essence deux kilomètres plus loin à peine. Jackpot ! Sans Eliott, notre troisième larron et cameraman de talent, nous serions sans doute encore au bord de l’autoroute.

Moralité : dès que la jauge passe sous 1/2, il faut penser à donner à boire à l’animal. On ne se laissera plus avoir !

La position de la Licorne : un exemple parmi d’autres de situations où il faut rouler lentement pour les besoins de la caméra.

Plus tard dans la journée, les besoins du tournage obligent parfois à rouler très lentement. Trop lentement pour la voiture qui commence à chauffer. J’aimerais bien lui dégourdir les pistons et lui faire rentrer de l’air frais dans le ventilateur, mais on n’a pas tellement de temps à perdre. 56km de route à filmer, ça prend du temps, même avec toute la préparation du monde. Bref, la TR3 ronge son frein. Et moi aussi je dois dire.

Dès que je peux ouvrir en grand sur quelques passages, il faut à chaque fois freiner après la caméra. Repartir en marche arrière et refaire le plan le plus vite possible. Les freins chauffent, et les vases d’expansion des circuits de freinage lâchent de temps à autre une goutte de liquide de frein. Comment est-ce que je le sais ? Parce que sur ma cheville droite j’ai des tâches humides. Mais ce n’est pas de l’eau et ça vient du haut du capot. On ouvre ce dernier pour un rapide check-up et on laisse refroidir la machine. Tout va bien, les gros freins et leur liquide « racing » ne se sont pas évaporés, on peut recommencer à tourner. Mais toujours en y allant doucement sur la pédale.

Ambiance dans le garage plus habitué à accueillir des engins forestiers qu’une TR3.

Tournage du premier épisode terminé, il est temps de remiser la bête au sec pour la nuit. Au programme des jours à venir : des photos à faire, des petits bonus vidéo à tourner et un début de repérage pour le prochain épisode à réaliser. Pas mal de kilomètres en quelques jours pour une voiture qui n’avait plus réellement roulé depuis des années. Après quelques Liège-Rome-Liège et consorts, rien de ce qu’on lui a fait endurer ne devrait réellement l’impressionner. À moins que…

La fiche du démarreur est tout en bas du moteur. Il faut passer sa main entre les deux carbus Weber double-corps !

Lors du repérage, pause pipi pour le conducteur. Je coupe le contact car je compte aussi profiter de l’arrêt pour prendre des photos qui serviront à la préparation du prochain épisode. Une fois sanglé dans le baquet, le démarreur ne s’actionne plus. Comme David me l’avait montré, dans ces cas-là, il faut chipoter avec la fiche électrique du démarreur. Je la nettoie, mais toujours rien… Après de multiples essais, un touriste néerlandophone nous aide à pousser la voiture en haut de la légère côte. Demi-tour et rolling-start. Vraoum ! Le monsieur prend place sur le siège conducteur le temps d’une photo. Il a sauvé notre journée, on lui a fait la sienne. Tout le monde est heureux. On termine le repérage, mais pas question de caler ! À moins d’être tout en haut d’une pente.

Retour à la maison dans le garage, heureusement tout en haut d’une pente lui aussi. Toujours pas de démarreur… Il faudra chipoter en rentrant. Interdiction de faire le plein aussi puisqu’on ne peut pas couper le moteur une fois en route. Sauf si la pompe à essence est en pente, chose rare. Avec la précision redoutable de la jauge à carburant, le stress monte pour le retour sur Bruxelles. Nous y sommes finalement arrivés, même si le démarreur n’est toujours pas revenu parmi nous en ce jour.

Pour une première balade avec une TR3, n’oubliez pas les vêtements chauds. Pour l’autoroute prévoyez des gants, et un casque anti-bruit si vous êtes fragile des tympans. Tout aussi tonitruant qu’il soit, l’échappement ne dérange pas. Au contraire des bruits de vent, et de roulement des véhicules qui dépassent. Et pensez à ne pas vous fier de trop à la jauge de carburant.

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