Reportage | Le décret de la route

Reportage | Le décret de la route

Texte fondateur de Drivetime.be, il insiste sur le fait qu’il faut prendre la route pour se faire plaisir au volant, et ne pas avoir peur…

Reportage | Le décret de la route

Texte fondateur de Drivetime.be, il insiste sur le fait qu’il faut prendre la route pour se faire plaisir au volant, et ne pas avoir peur d’avaler des kilomètres pour manger des virages.

Et pour profiter pleinement du nouveau BMW Z4 M40i et son straight-six, le départ est fixé à 4h50 pour Sainte-Marie-aux-Mines. Mis à part le nom aussi long que le trajet qui nous y amène, cette bourgade aux couleurs de plus en plus germanophones (comprenez : des maisons au crépis arc-en-ciel) est surtout le départ de la D48. Il ne faut même pas 5km après la sortie du village pour comprendre pourquoi cette route est célèbre sous le nom de Route des Crêtes. Ça y est, notre jeu de mot est déjà grillé.

En quelques enchainements de virages posés sur le flanc de la montagne, on passe très rapidement des 500m d’altitude de notre pause photo précédente aux 905m du Col des Bagenelles. Le tout poussé dans le dos par une Nissan 370Z. Le ton est donné, en variations de 6 cylindres pour l’instant.

Champ/contre-champ séparé de 380m d’altitude
Lui aussi avait lu le décret de la route.

L’ascension continue encore et nous offre des superbes vues sur la vallée qui faisait office de point de départ.Celle-ci se trouve déjà plus de 500m en contrebas. Quelques centaines de mètres plus loin, on franchit déjà notre second col : la journée va être bonne ! Le suivant est d’ailleurs le Col du Bonhomme. De là, la route ondule sur la crête entre les grands sapins. Un régal de fluidité, qui ne va pas durer longtemps puisqu’une fois passé le Col du Louschbach, deux épingles nous obligent à faire chauffer les freins avant de faire chanter le moteur. On y fera plusieurs passages, rien que pour les photos bien sûr. À peine trois kilomètres plus loin, nous voilà au Col du Calvaire, avec ses télésièges et ses pistes de VTT qui descendent au Lac Blanc. Si on risque bientôt l’overdose de cols, pour nous c’est bien loin d’un calvaire.

L’avantage de rouler sur la crête, c’est que de temps en temps les arbres s’écartent et la vue s’étend alors à des kilomètres à la ronde.

Jusqu’au Col de la Schlucht, la route repart pour ses ondulations au gré des crêtes, mais cette fois les arbres s’effacent de temps en temps pour nous laisser apercevoir les sommets environnants. Et nous ne sommes pas les seuls en ce lundi d’août à venir profiter de la beauté de la région. Randonneurs, motards et cyclistes sont également présents en masse et il faut malheureusement partager la route. Au plus on approche du Hohneck, au plus les routes sont peuplées. Le moment est idéal pour faire une pause en terrasse pour l’apéro.

Certains préfèrent grimper le Hohneck en télésiège et le descendre en luge d’été. Nous on préfère le contourner par la route avec notre luge personnelle.

Retour en selle pour continuer notre progression vers Cernay, notre point d’arrivée encore lointain. On ne va pas s’en plaindre, les virages, les vues et la météo sont tellement jouissifs qu’on ne voudrait pas que ça s’arrête. On a d’ailleurs prévu un détour sur la D34A qui descend doucement dans la vallée. Sur celle-ci, un revêtement un rien ondulé nous donne l’impression d’avoir opté pour l’attraction des montagnes russes. C’est de courte durée car reprend rapidement la D13b pour passer le Col du Bramont et s’amuser dans la série d’épingles qui descendent sur l’autre versant. C’est large et bien surfacé, ça tourne dans tous les sens, et en plus il n’y a personne. C’est le pied !

C’est pour des découvertes comme le Bramont que le décret de la route existe !
En montagne, le problème c’est qu’on a du mal à choisir entre s’arrêter pour prendre des photos ou conduire encore et encore.

On profite encore de ce calme “des routes secondaires” pendant quelques kilomètres en prenant de l’altitude sur la D27. Mais la Route des Crêtes se rapproche et avec l’heure qui avance, le trafic ne s’est pas résorbé. Mais même à 50km/h, la route en vaut la peine. D’autant plus qu’ici, les arbres sont plus loin et nous permettent de bien profiter des vues à 360°. Surtout lorsqu’on grimpe au pied du Grand Ballon.

De la terrasse du resto d’altitude, on aperçoit le début de la fin : la plaine du Rhin. L’avantage, c’est qu’elle nous dégage la vue jusque sur les Alpes, et en fermant les yeux on s’imagine que le V6 biturbo du Stelvio y résonne encore. Trêve de plaisanterie, la digestion est terminée et il est temps de reprendre la route, car il nous reste encore de sérieuses portions sinueuses avant de jouer les nostalgiques à nouveau.

Au passage du col de Grand Ballon, le début de la fin pointe au bout du capot : la plaine du Rhin

Fini de rouler sur les hauteurs, ici la route commence graduellement sa descente parmi les sommets et cols de plus en plus rapprochés. Oui, c’est possible et le relief en est très accidenté. Des virages dans tous les sens, en montée et en descente, sur un tarmac neuf ou des pavés, tantôt à l’ombre des arbres, tantôt avec une magnifique vue sur le ruban d’asphalte qu’on vient d’avaler. C’est un peu comme un feu d’artifice : on garde toujours le meilleur pour la fin. D’ailleurs, une fois arrivés à Cernay, et bien qu’on soit tous les deux bien cernés du départ matinal, on va la refaire une seconde fois en rangeant les appareils photos : juste pour le plaisir avant d’entamer la longue remontée vers Bruxelles par l’autoroute.

La plaine se rapproche dangereusement, mais les derniers virages sont tellement bons qu’on n’y pense pas.
Ça y est, les maisons colorées sont de retour, nous voilà arrivés en fin d’itinéraire.
15h00 : arrivée à Cernay après 10h de route pile-poil. Nos yeux sont un peu cernés aussi.

Infos pratiques : 105 km | +/- 2h20 de route

Merci à BMW Belux pour le prêt de ce Z4 M40i, parfait compagnon de roadtrip. Sportif mais confortable, mélodieux mais pas bruyant et regorgeant d’espaces de rangement. Les 1100km de la journée sont passés comme une lettre à la poste. Le flash à Metz aussi.


Quelques images en bonus :

Quand vous devez vous lever à 4h30, vous êtes plutôt sieste ou nuit blanche ?
Le plein au Luxembourg, c’est toujours plus réjouissant. Même s’il faut faire la file.
Accessoire indispensable à la conduite en France, surtout aux alentours de Metz. Oups.
Ça tourne tellement qu’on en attraperait presque un torticolis.
La Route des Crêtes en été, c’est l’occasion assurée de croiser quelques belles mécaniques…
Mais aussi de suivre des motorhomes, et ça c’est beaucoup moins glamour.
Plus de trafic qu’à Bruxelles !
Parfois on se perd dans le bois, mais on retrouve vite le bon chemin.
En montagne, on ne fait pas le difficile pour les stations service, même quand elles ont l’air de dater de l’époque des calèches.
Pas top le spaghet’ bolo du resto d’altitude, mais la vue est belle (oui ok, on ne la voit pas sur la photo).
19h12, déjà 14h de route et on n’est pas encore à la maison.

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