It’s Drivetime E01 | Marche sur La Roche

It’s Drivetime E01 | Marche sur La Roche
Pour relier Marche-en-Famenne à La Roche en Ardenne, il existe une route directe : la N888. Du long de ses 21,4km, toute en courbes, elle n’a rien d’ennuyeux. Pourtant, l’itinéraire qui suit est d’un tout autre niveau. Tortueuses à souhait, les routes empruntées vous feront découvrir des paysages inattendus, et des vues à couper le souffle.
Marche en Famenne, véritable ville sise aux portes des Ardennes, est notre point de départ. Célèbre pour sa dentelle, elle gratifie les touristes de son vieux centre portant encore les traces du passé. Nous démarrons du Quartier Latin, hôtel situé en plein centre historique de Marche, au cœur des étroites rues aux pavés rouges, souvent à sens unique.
Hotel de luxe, le Quartier Latin vous recevra pour la nuit à partir de 120€. Vous pourrez y profiter de soins balnéothérapie. Parfait après une longue journée au volant de votre voiture si elle n’est pas assez confortable. L’hôtel dispose d’un parking souterrain, à la rampe étroite mais facilement négociable avec « notre » TR3 assez basse. En bas vous retrouverez les deux roadsters anglais que l’hôtel met à disposition des clients pour parcourir des routes telles que celles qui vont suivre : MG B Roadster et Triumph Spitfire.

Peu dans son élément en ville, si ce n’est pour le plaisir de réveiller son échappement entre deux murs, la Triumph TR3 A de 1959 se dévoile dès qu’on peut la faire respirer plus. C’est-à-dire, une fois entré dans le vif du sujet de notre itinéraire. Nous sommes contraints d’emprunter la N888 sur quelques petits kilomètres. Juste le temps de son premier virage : un pif-paf droite-gauche sur un pont. D’où le surnom officieux des « deux du pont » en référence aux deux policiers de l’univers d’Hergé. Dans la remontée qui suit, sur la gauche les arbres se dégagent et on peut voir l’autre versant de la vallée. Mais c’est une fois qu’on a bifurqué à droite vers le village de Roy que la vue s’intensifie. Les deux premières épingles de la journée nous emmènent à travers bois et prairies jusqu’au village au nom souverain. On ne s’y attarde pas, car il nous tarde d’aller poser nos roues sur la route qui le relie à Lignières.
Encore une bifurcation à droite, mais cette fois-ci on ne monte pas. On descend, très fort même ! Heureusement, la Triumph est équipée des gros freins qui vont avec la préparation moteur qui porte la puissance du 4 cylindres à 170 chevaux. Rien que ça ! En bas, encore une épingle. De là, on remonte à travers les prés, avec dans le rétro le clocher de l’église. Par la gauche la vue s’étend sur des kilomètres, vers le village de Grimbiémont. Ce sera notre prochaine étape une fois Lignières traversé.
Grimbiémont, sans mystères, indique qu’on « grimpe sur le mont ». Les routes y sont fameusement escarpées ! Aussitôt en haut, aussitôt redescendu. Une fois les dernières bâtisses passées, la route plonge vers l’entrée d’un bois, et nous aussi. L’échappement libre de la TR3 résonne entre les arbres. Tout à coup, les cimes s’écartent de la route et les rayons du soleil se couchent sur le bitume, pas tout à fait parfait. Un premier virage à droite précède un gauche plus serré encore, mais ce sont bien les seuls virages de ce bois. Pour se consoler, on profite du paysage à l’approche de Menil-Favay.

De là, on descend encore, jusqu’à tomber le long de l’Ourthe et rejoindre la grand route pour un bref instant, le temps de bifurquer vers Waharday. Ce hameau, perché sur la crête d’une colline, n’est accessible qu’au prix d’une ascension pour le moins escarpée. Et qui dit escarpée, dit lacets. Mais attention, dans les petites rues du village, croiser un tracteur n’est pas simple. Quelques centaines de mètres après la dernière bâtisse, on a l’impression de se retrouver dans un No Man’s Land avec pour seule compagnie notre monture et une magnifique étendue de bitume qui épouse le relief de la colline. C’est digne d’un col alpin, mais à l’échelle de nos Ardennes. Harnaché dans les baquets de la TR3, il n’en faut pas plus pour prendre son pied.
Après le village de Chéoux et sa laiterie, c’est en direction d’Hodister que nous mettons le cap. Ici aussi, il est question d’une jolie montée tortueuse pour accéder au village. Encore une épingle de plus au compteur ! Dans le village, notre regard est attiré par des sculptures multicolores réalisées par un habitant du village. C’est comique, et ça vaut bien un petit détour ! Sauf qu’ici, c’est même sur notre route, qu’on continue en direction des Quatre bras de Gênes. N’oubliez pas de contempler la vue sur la vallée de l’Ourthe avant de prendre à gauche sur la N888 pour le meilleur tronçon de cette Nationale. Un véritable toboggan qui enchaine petits pif-paf et grandes épingles. Pas besoin d’aller vite pour se régaler tellement ça tourne !

Une fois en bas, on quitte la N888 pour de bon et on remonte par une petite route vers Halleux et son col fièrement indiqué à 393m. Une épingle de plus pour monter au col, et une vue magnifique sur les villages avoisinants. On quitte Halleux en direction de Ronchamps, par une large route sinueuse mais toute en douceur. À l’inverse de son revêtement, par endroits plus proche du gruyère que du bitume. Prudence !
À Ronchamps, nous sommes sur le plateau au-dessus de La Roche. La N89 y file d’ailleurs tout droit si on prend à gauche. Mais c’est hors de question, puisque ce que l’on cherche, ce sont des virages et des paysages. Pas de problèmes, on prend à droite sur 300m et puis directement à gauche. La petite route, au revêtement parfait cette fois, s’enfonce entre les prairies pour passer sur un pont avant de remonter vers Mierchamps entre les arbres et la paroi rocheuse. Un vrai régal !

Mais le clou du spectacle est encore à venir : la descente vers La Roche par la vallée du Bronze. Une minuscule route au fond d’une vallée très encaissée, longeant un petit cours d’eau qui accueille une colonie de castors. Des paysages magnifiques déguster tranquillement, sans oublier de regarder devant soi. Même si les rongeurs représentent la majorité de la vie de cette vallée, la route étroite reste à double sens.
Ce régal pour les yeux se prolonge avec l’arrivée dans La Roche, avec la petite place de l’Office de Tourisme devant nous, et les ruines du vieux château fort qui dominent les maisons actuelles. Si les terrasses de la place sont accueillantes, les places de parking y sont chères. Aussi nous vous conseillons de remonter hors de la ville en direction de Marche, de passer devant le blindé en profitant du superbe point de vue sur le château, et de redescendre à droite vers le grand parking à proximité du piétonnier.
BONUS : La route du paradis qui monte au Cielle
Non, ce n’est pas une blague ! En bonus, nous ne pouvons que vous recommander la Route du Paradis qui grimpe jusqu’au village de Cielle. Pour l’atteindre, remontez depuis La Roche vers la E25 jusqu’au premier virage à droite, d’où une petite route part en direction dudit village de Cielle. Banale à première vue, ce n’est qu’une fois dans la montée que vous en prendrez la mesure.
Bonne route !
Retrouvez le fichier GPS de notre tracé ici.
Merci à David Servé pour la confiance accordée lors du prêt de sa Triumph TR3. Elle est à louer, ainsi que d’autres voitures, sur www.davidserve.be.
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