Blog | Le plaisir en électrique ?

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Est-ce qu’on peut réellement se faire plaisir au volant d’une voiture électrique ?

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Est-ce qu’on peut réellement se faire plaisir au volant d’une voiture électrique ?

Vous devez sans doute vous poser la question, puisqu’on vous propose de plus en plus de reportages réalisés au volant de voitures électriques. Tout a commencé par une BMW i3s, et ensuite une Tesla Model 3 Performance. Bon, dans ce nom-là, il y a sans doute un élément de réponse à la question de base. Mais quand on essaie un petit SUV japonais de 140ch en traction, on peut réellement se poser la question.

Ceci dit, on aime vraiment les voitures électriques ! Un point de vue sans doute influencé par notre vie de citadins de ces dernières années. Le silence et la souplesse de fonctionnement, dans les bouchons de Bruxelles, c’est le pied intégral ! La MINI Cooper S E avec laquelle j’ai souvent la chance de rouler en ville est juste parfaite pour se faufiler partout sans se poser de questions. Les Tesla Model S sont un peu grandes, et on serre souvent les dents dans les passages étroits. Ceci dit, on se sent toujours beaucoup plus détendu au volant quand on roule survolté.

Bien qu’elle soit noire, cette petite MINI Cooper S E “Mosaert” cache quelques détails bien plus joyeux dessinés par Stromae et son équipe.

Enfin, ça c’est quand on ne doit pas regarder l’autonomie chuter, et retenir sa respiration pour arriver jusqu’à une borne de recharge. Parce que c’est bien ça le souci des voitures électriques pour les amateurs de routes comme nous : les belles routes ne sont pas au même endroit que les bornes de recharge rapide. Tous nos reportages en voiture électrique commencent et se terminent à une borne de recharge. On collectionne les apps dans nos téléphones pour trouver les bornes, savoir si elles fonctionnent, si elles sont libres et comment y payer. On connait parfaitement la station-service de Vaux-Chavanne, point de recharge à 50kW stratégiquement placé à la porte des Ardennes. Et notre consommation de café augmente quand la consommation d’essence de la voiture essayée diminue.

Scénario d’un reportage en électrique : charge, reportage, re-charge et retour au bercail.

Les énormes roadtrips qu’on adore, plein de virages au milieu de nulle part, ne seront sans doute jamais possible à bord d’une voiture électrique. En tout cas, jamais aussi simplement qu’en tendant un billet au pompiste d’une minuscule station essence d’un petit village dans les Alpes italiennes.

Mais alors, on peut quand même prendre du plaisir avec ces voitures électriques ?

Déjà, chez Drivetime.be, l’essentiel du plaisir se trouve dans la route. La façon dont elle ondule, les vues qu’elle offre, les changements de rythme… Ensuite, qu’on soit en Panda de 70ch ou en AMG GT, on s’amuse tout autant. Voir même plus dans la Panda en fait. Alors, la réponse est oui. Une fois sur les bonnes routes, on s’amuse très bien au volant des voitures électriques qu’on essaie. Mais c’est très différent de la conduite d’une voiture thermique. Et en fait, c’est peut-être ça qui en rend la conduite plus amusante.

Soleil ou pluie. Essence ou électrique. Chez nous, tout est dans le choix de la route.

Il y a quelques années, j’ai pu faire ma première virée dans les Ardennes avec une voiture électrique. Une mission de quelques jours au Luxembourg pour Tesla, pas d’hôtel de disponible et une magnifique excuse pour loger dans la maison de famille au milieu de nulle part, et ne pas manger toute la E411 à l’autopilot en luttant pour ne pas avoir recours à des divertissements illégaux derrière un volant.

« tu-dung » l’autopilot se désactive en sortant de la N4 en direction de La Roche. Nous voilà sur la N888 dont je m’amusais à mémoriser par cœur tous les enchainements depuis la banquette arrière dès que j’étais assez grand pour voir par la vitre. Autant dire que c’est le terrain de jeu idéal pour comparer la conduite de cette Tesla Model S 100D avec les autres voitures que j’ai déjà pu y conduire. On y est d’ailleurs passé avec la Triumph TR3 de notre tout premier reportage.

Dès qu’on quitte l’agglomération, on plonge sur les « deux Dupont » (avec un D ou un T, au choix). A l’approche du premier des deux tournants, il faut baisser le rythme. Les freins ? Pas besoin ! Tout se fait en maniant la pédale de droite avec souplesse. Mais ralentir à l’approche d’une virage sans même toucher la pédale de frein, ça fait tout drôle dans l’estomac. C’est même carrément contre-nature pour nous.

La suspension n’est pas typée sportive, mais la berline de 2,2 tonnes s’inscrit avec aisance dans le droite, et avale le gauche qui suit sans broncher. La batterie dans le plancher apporte ici deux avantages : les poids est placé au plus bas, et l’ensemble apporte un supplément de rigidité. Bref, sur des pneus sportifs et avec une suspension plus ferme ça serait ultra efficace. Fun ?

La Model S était surtout ultra efficace. Bien plus que ce qu’une berline de ce gabarit devrait pouvoir offrir. Outre le fait de lutter contre soi-même pour ne pas pousser sur la pédale de freins, il n’y avait pas ce côté déjanté qu’on recherche dans une voiture fun. Mais le plaisir d’emmener sur cette série de virages une voiture puissante et qui demande un peu de travail au conducteur y est bien présent.

Oui, c’est bien une Tesla en piste à Francorchamps. Et à droite c’est un graphique de la consommation… qui dépasse “un peu” les normes.

Et du fun ?

Depuis, chez Drivetime on a eu la chance de conduire pas mal d’autres voitures électriques, parfois bien plus fun et parfois pas du tout.

Toujours chez Tesla, la Model 3 Performance avait ce côté un peu déjanté aves son comportement typé propulsion (qui peut être exagéré par l’ordinateur, au choix) et ses reprises dignes d’une catapulte. Loin d’être parfaite, avec quelques modifications au niveau des suspensions et des freins, on peut même l’emmener sur circuit sans être la risée du trackday. Les deux tours de Spa que j’ai eu l’occasion de faire en passager ont terminé de me convaincre que ce châssis avait beaucoup de potentiel.

On a adoré l’équilibre de la Volkswagen ID.3, propulsion à moteur arrière, même si elle est réglée très « safe ». On se laisserait bien tenter par une version « R » dont on pourrait déconnecter les aides électroniques. Ce serait en quelque sorte la descendante de la BMW Série 1 des générations précédentes, quand elles étaient construites dans le bon sens.

Une propulsion bien équilibrée, mais malheureusement imperturbable. M’enfin Thibaut, quelle idée de vouloir faire demi-tour dans un tas de neige ?

Les MINI et Fiat 500 nous ont amusé par leur petit gabarit et les reprises démoniaques jusqu’à 120.

La Polestar 2 inspirait surtout la confiance. Une voiture extrêmement bien pensée et solidement construite. Mais, à l’image des produits Volvo actuels, bien trop docile. On a bien essayé de la faire partir en travers en accélérant dans des feuilles mortes en plein virage, mais même ça semblait exagéré pour elle. Par contre, une BMW iX3 (certes, c’est un SUV…) garde le feeling d’une Béhème qui ne demande qu’à enrouler des virages à l’accélérateur. Et, cerise sur le gâteau, on peut toujours déconnecter les aides électroniques pour qui voudrait attaquer des ronds-points en travers, sans un bruit.

Même dans les feuilles grasses, il est difficile de mettre la Polestar 2 en glisse.

Sans son ?

Ou presque, car cette BMW iX3 a aussi un système qui peut générer un son à l’accélération comme une Porsche Taycan ou la Mazda MX-30. Attention, pas un son de moteur conventionnel. Ici, ce sont des bruits issus du registre de la science-fiction. Et c’est assez grisant que pour avoir envie de mettre le pied dedans. Mais le pied, c’est qu’on peut le couper complètement quand on commence à en avoir marre d’entendre ronronner ou qu’il faut préserver l’autonomie.

Donc oui, le son aide à procurer un certain plaisir de conduite aux gens comme nous, habitués à des moteurs conventionnels. Mais on ne peut pas mentir, ces sons nous ont fait esquisser des sourires. C’est plus fun avec du son.

Propulsion + son + aides calibrées joueuses. C’est contre-nature, mais c’est bien un SUV qui nous a le plus amusé en électrique… jusqu’à présent.

En conclusion

Mince, on a un peu dépassé la longueur initialement prévue pour cet article. Faisons une petite conclusion en deux phrases :

Oui on peut s’amuser en voiture électrique grâce à leurs caractéristiques techniques avantageuses. 
Non, ce ne sont pas les voitures qui distillent le plus de fun derrière un volant.

Et rassurez-vous, Drivetime.be ça a commencé par un très froid matin d’avril, harnachés dans les baquets d’une Triumph TR3 de 1959, au son de l’admission de ses deux Weber et de son échappement très peu silencieux. L’essence coule dans nos veines depuis notre naissance, et elle n’est pas prête de s’arrêter de couler. Même si la note à la pompe est salée.


Quelques images en bonus :

Silence, on charge !

Petit florilège de recharges. Liste non-exhaustive.

Serrez les fesses !

Un Model X Performance ça consomme ! Alors pour rentrer à la maison après une journée de boulot (plutôt sympa), il va falloir rouler avec un oeuf sous le pied et dans l’aspiration des collègues sur l’autoroute.

Ça reste entre nous, ok ?

La face avant est toujours discutable, mais au volant on ne la voit plus ! Et au volant justement, cette BMW i4 semble prometteuse. Pas qu’on ait pu rouler beaucoup avec ce modèle de pré-série, mais quelques tours de parking peuvent donner une première impression.

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